Le Peuple Huni Kuin

Le Peuple Huni Kuin

Au mois de Novembre 2019, Apororoka est parti pour une immersion profonde en Terre indigène Kaxinawá do Rio Humaitá, dans l’état du Acre en Amazonie Brésilienne. Avant de vous relater dans un prochain article l’intensité de cette expérience et de vous partager ce voyage, un peu d’histoire pour comprendre le contexte de cette rencontre unique.  

Le peuple connu comme Kaxinawá mais qui s’auto-nomme Huni Kuin, se distribue en 12 territoires en bordure des rivière Purus, Envira, Murú, Humaitá, Tarauacá, Jordão e Breu pour ceux qui sont au Brésil. D’autres villages se situent également au Pérou.

A la fin du XIXème siècle, cette région a subi une violente invasion pour l’expansion économique de l’Amazonie, beaucoup d’indiens ont été expulsés de leur terre ou massacrés pour ouvrir d’énormes plantations d’arbres à Caoutchouc (latex). Mais entre 1912 et le début de la première guerre mondiale, en raison d’une forte pression économique sur le marché provenant de la concurrence de la Malaisie, les indiens ont commencé à être forcés à travailler pour réduire les coûts de production. Pendant la seconde guerre mondiale, pour les nécessités de celle-ci, la production de latex a été la principale activité économique de la région et beaucoup d’indiens ont été soumis à des patrons extrêmement sévères et avec l’interdiction de pratiquer leurs traditions, pratiques culturelles et leurs activités de survie (chasse, pêche, plantation), les obligeant ainsi à dépenser leur menu revenu et à s’endetter pour acheter des produits vendus par les colonisateurs…

A la fin de la guerre, beaucoup d’entreprises de Caoutchouc ont fait faillite et à la fin des années 60, le gouvernement brésilien a créé des avantages fiscaux pour faciliter le développement et relancer l’économie de la région. A cette époque, beaucoup d’exploitants agricoles et piscicoles de l’état de São Paulo ont migré pour s’installer dans cette région rivalisant alors avec les autochtones pour les terres.

Ce n’est qu’en 1975, que la FUNAI (Fondation Nationale de l’Indien) s’installe dans la région et commence à faire des relevés démographiques, socioéconomiques et culturelles de la population Huni Kuin. Percevant clairement les injustices sociales, la fondation débute en 1980 un processus de démarcation de leur terre ou les Huni Kuin, pourraient retourner à vivre de forme libre, en réincorporant leurs valeurs culturelles, en pratiquant les activités propres à leur survie (agriculture traditionnelle, agro-forêt, chasse, pêche). Nous assistons donc depuis une quarantaine d’années à un resurgissement culturel de ce peuple. Aujourd’hui, le très riche échange entre la transmission des traditions par les anciens et l’ouverture sur le monde du XIX siècle des plus jeunes permet au Huni Kuin de communiquer hors des frontières de leur territoire et de partager leurs arts et leurs médecines. C’est grâce à l’ouverture de ce nouvel espace-temps (Xinã Bena) que j’ai eu l’énorme privilège de leurs rendre visite 🙂

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